D'après certaines informations de différentes sources concordantes l’Etat sénégalais envisage de se désengager de la Sones et confier la production et la distribution d'eau potable à une seule et même entité. Le contrat de la Sénégalaise des eaux qui arrive à expiration en 2011ne serait par conséquent pas reconduit.
Pour gérer l'eau en milieu urbain, deux entités publiques et une entité privée ont été mises en place suite aux réformes qui sont intervenues dans la deuxième moitié des années 1990 :
• La Société Nationale des Eaux du Sénégal (SONES), chargéedu patrimoine et des investissements dans les grandes villes. C’est une société publique. Son périmètre correspond à celui des plus grandes villes du pays.
• La Sénégalaise des Eaux (SDE), chargée de l’exploitation dans les centres dont la SONES est responsable. C’est une entreprise privée (dont l’actionnaire principal est l’entreprise française Bouygues) liée à l’État par un contrat d’affermage et à la SONES par un contrat de performance. Ces contrats expirent en 2011.
• L’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) est l’agence de patrimoine et d’investissement en charge de l’assainissement des eaux usées (domestiques et industrielles) et des eaux pluviales dans les grandes villes où intervient la SONES.
C'est ette configuration qui va évoluer prochainement dans le cadre des réformes dites « de troisième génération » qui sont actuellement à l’étude.
Une structure privée capable de gérer à la fois les investissements et la distribution de l’eau serait alors mise en place.
Quand on sait que le modèle sénégalais de mise en affermage du service public de la distribution d'eau potable a souvent été crédité d'un très grand succès au point de servir de référence pour d'autres pays de la région du sud du Sahara, on est en droit de se demander quels seront les nouveaux objectifs assignés à ces réformes de troisième génération? Quel impact social, technique, financier et économique cette nouvelle évolution de la privatisation du secteur de l'eau potable au Sénégal pourra t-elle avoir sur la qualité du service et l'équilibre financier du secteur?
En effet, les réformes entreprises dans le secteur de l'hydraulique ont entraîné pour l’ensemble du secteur des résultats positifs dont les plus importants ont été les dépenses d’investissements entreprises dans le principal secteur des
infrastructures de production et de distribution. Les performances du secteur ont été nettement améliorées au cours de ces treize dernières années avec un investissement de 260 milliards de francs Cfa dans l'hydraulique urbaine grâce au Projet sectoriel eau et au Projet eau à long terme. C'est ainsi que le volume d'eau produit dans les zones urbaines a été augmenté de 44 % ; ce qui a permis de résorber le déficit d'alimentation en eau potable des villes, notamment Dakar, et d'assurer la couverture de la demande en eau jusqu'en 2012. Plus de 200 000 branchements, dont 150 000 sociaux, ont été réalisés, permettant de faire passer le nombre de clients de la Sde de 254 847 en 1996 à 484 752 en 2008, soit une augmentation de 90 %.